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31 octobre 2018
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La sorcière ou le mythe féministe d’halloween

Treat or trick ? Happy Halloween ! Et c’est par la même occasion la fête des sorcières. A l’origine, Samain était le moment de célébrer le nouvel an Celte ainsi que les morts. On s’y déguisait en personnage effrayant pour éloigner les esprits et réveillonner ensemble. Depuis, le 31 Octobre est resté une date immanquable et très évocatrice. L’occasion pour nous de revenir sur le mythe de la sorcière et son identité très féminine.

 

S’il existe une imagerie du sorcier, c’est bel et bien la sorcière qui apparaît dans les contes de Noël, les dessins et les récits. A l’instar des notions de folie et d’hystérie, la sorcellerie a toujours été assimilée à la féminité, surtout celle que l’on ne peut pas « contrôler ». La femme puissante ou insoumise est donc soit possédée, folle ou malade. D’abord parce que la sorcière utilise sa sexualité comme une arme pour venir à bout des obstacles et ennemis. Ensuite, parce que l’image de la sorcière, c’est celle d’une femme savante, dont l’éducation dépasse les attentes. Décrédibiliser les atouts de la femme (savoir, féminité), c’est donc renforcer le pouvoir masculin.

 

La sorcière : qui est-ce ?

 

Entre le 1560 et 1680 dans la plupart des pays européens en grande crise, on a érigé des bûchers de sorcellerie afin de condamner les accusées. Pourquoi ? Parce que ces femmes savaient guérir, mettre au monde et avorter. Leur présence dans la communauté était très respectée et leur place sociale pouvait mettre en danger la puissance masculine. Alors, la chasse aux sorcières a permis de réduire à néant la parole féminine, traquant et condamnant toute femme qui pouvait être vue comme un danger, car n’étant plus sous tutelle masculine. De génération en génération, la femme, acculée et vue comme une tentatrice (complice du malin), a appris à être plus discrète, plus sage, plus soumise.

 

Au 19esiècle, une gravure paraît montrant une sorcière s’envolant sur un balai pour aller rejoindre le sabbat (rassemblement nocturne des sorcières entre elles).

 

Witches on their broomsticks fly over the roofs of their town Date: 16-17th centuries

 

Avec la sortie du livre de Mona Chollet, la sorcière troque son nez crochu, son balais et son chapeau pointu contre un habit plus valorisant pour la femme : celui de la féministe. Xavier Gauthier en parle à merveille : « Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.

Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. » Ainsi, la sorcière féministe est une insoumise, décidée à redonner la parole aux femmes.

 

Pour une petite définition de la sorcellerie

 

Sans définition concrète, la sorcellerie revêt aujourd’hui de nombreux « rituels », depuis celui que l’on s’accorde pour se sentir belle, jusqu’au tirage des cartes, en passant par la passion pour l’astrologie ou la croyance que la pensée change le quotidien.

 

 

Jack Parker nous en donne une définition bien à elle mais que l’on aime particulièrement chez Nym : « La sorcellerie, c’est ça. C’est mettre son intention, son énergie, ses désirs les plus profonds au centre de ses préoccupations et s’appuyer sur une explication plus spirituelle pour les manifester, s’attirer les faveurs du destin et se créer une vie meilleure. » Finalement, la sorcellerie d’aujourd’hui, ce n’est pas jeter un sort à son ennemi pour l’affaiblir ou pactiser avec le Diable. C’est prendre conscience du pouvoir de la femme et le laisser s’éclore dans toutes les sphères de la vie quotidienne.

HAPPY HALLOWEEN !

 

Pour aller plus loin :

Sorcières – France Culture

Sorcières, La puissance invaincue des femmes – Mona Chollet